Huile d’Argan, un nectar rare et précieux

Huile d’Argan, un nectar rare et précieux

Liquide doré, doté de mille et une vertus, l’huile d’argan n’en finit pas de livrer ses secrets. Aussi bien huile alimentaire que produit de beauté, l’huile d’argan connaît aujourd’hui une renommée nationale et internationale à la mesure de ses bienfaits.

Arbre de la vie, arbre béni, arbre sacré, arbre mythique… Lorsqu’il s’agit d’évoquer l’arganier, les qualificatifs ne manquent pas. Cet arbre, qui ne pousse qu’au Maroc, possède de multiples qualités. Chaque partie de l’arbre est, en effet, exploitable : le bois est employé comme combustible, les feuilles et les fruits constituent un fourrage pour les caprins et les camélidés, et l’huile, extraite de l’amandon, sert pour l’alimentation ou la cosmétique. Elle a, en outre, des propriétés diététiques et médicales exceptionnelles. Trésor de la nature, l’huile d’argan est gorgée de bienfaits. Les femmes berbères l’ont bien compris, elles qui passent de pénibles et fastidieuses heures à extraire cette huile unique au monde. L’arganier pousse au sud d’Essaouira. Cet arbre, vieux de plusieurs millions d’années, couvre actuellement une superficie de 800 000 hectares, soit quelque 21 millions d’arbres. Son aire géographique, en plus de la vallée du Souss, va du versant sud du Haut-Atlas, au versant nord de l’Anti-Atlas jusqu’au massif de Siroua à l’est. Au sud, il s’étend jusqu’à la région de Guelmim, aux confins de l’immense désert saharien. Classée réserve de  B i o s p h è re p a r l’U.N.E.S.C.O. en 1998, l’arganeraie est d’une importance capitale pour notre écosystème car elle permet de lutter contre la désertification.

L’arbre, qui peut vivre jusqu’à 250 ans, est, en effet, un moyen puissant de protection du sol grâce à ses racines qui vont pénétrer les profondeurs de la terre jusqu’aux nappes phréatiques. Il enrichit aussi la terre par ses feuilles, ses fruits et surtout par toute cette végétation exubérante qui pousse à ses pieds. Beaucoup de poètes et d’écrivains, originaires de la région, ont évoqué cet arbre noble en soulignant sa capacité à surmonter les pires sécheresses et à résister aux milieux les plus hostiles. L’arganier, qui n’a pas besoin de beaucoup d’eau,peut pousser n’importe où pourvu que le climat soit un « hiver chaud ou tempéré, une humidité de l’air toujours forte et une fréquence élevée de brouillards », selon Nada Radi, une scientifique qui a rédigé sa thèse de doctorat en pharmacie sur l’arganier. Aujourd’hui, on tire la sonnette d’alarme car cet arbre est en péril en raison de la dégradation de l’environnement. Appelé l’arbre de fer, il est un arbre trapu, porté par un tronc court et tortueux couronné d’une ramure dense de branchages épineux et de feuilles petites et lancéolées. L’écorce est de type « peau de serpent » ou reptilienne.Lisse dans le jeune âge, elle devient rugueuse par la suite. Les fleurs, hermaphrodites, ont une couleur jaune verdâtre. Le fruit est une drupe ovoïde verte.

Pour obtenir l’huile d’argan, il faut beaucoup de temps et de patience. Entre juin et août, les femmes ramassent les fruits mûrs  et tombés à terre qui sont, ensuite, mis à sécher plusieurs semaines au soleil. On enlève, alors, une espèce de cosse (tafyyoucht), pour pouvoir avoir les noyaux (aqqayen) extrêmement durs. Il faut ensuite les concasser  pour obtenir des graines oléagineuses (tiznin) qu’il faut torréfier légèrement sur un plat en argile à une température bien précise pour en exhaler l’odeur de noisette . Après cette étape, il faut tout moudre dans un moulin traditionnel (azergg) spécialement destiné à cet effet. La pâte ainsi obtenue est versée dans un grand récipient. Elle est longuement malaxée et pressée, à mains nues, en y versant, de temps en temps, de l’eau tiède jusqu’à ce que se forment des grumeaux pareils à des grains de couscous . On obtient alors une huile couleur de miel et un tourteau brun comme résidu. Ce dernier est utilisé pour l’alimentation du bétail. On extrait également de ce tourteau des composés chimiques pour fabriquer des masques cosmétiques.

L’huile d’argan possède, en fait, une saveur agréable, légèrement fruitée avec un accent de noisette. Elle est divine en cuisine. Elle rehausse la saveur des plats, comme le couscous, les poissons, les omelettes ou les salades. Elle peut aussi être dégustée, tout simplement, nature, avec un morceau de pain. Les acides gras essentiels qu’elle renferme sont recommandés pour lutter contre le cholestérol. De plus en plus connue, elle figure désormais au menu de plusieurs restaurants réputés en Europe, aux Etats-Unis et au Canada. L’huile d’argan n’est pas seulement savoureuse en bouche. Elle possède d’indéniables propriétés dermatologiques. Elle ralentit contre le vieillissement cutané, réhydrate et redynamise le corps. Elle est aussi excellente pour la santé, notamment pour le coeur. Dans la pharmacopée marocaine, on la recommande contre l’acné, les gerçures, les  brûlures et la varicelle. A rappeler que l’huile d’argan réservée pour un usage cosmétique n’est pas torréfiée. La raison en est bien simple : cette huile est inodore. Elle possède, en outre, les mêmes propriétés que l’huile d’argan torréfiée. Véritable richesse nationale, l’huile d’argan est une mine d’or. A préserver absolument .

source : Cuisine du Maroc (Magazine)

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